Election au Centre d’Action Laïque : un face à face révélateur

 

 

Les camps qui s’affrontent se réfèrent à la vocation du CAL comme « porteur des espoirs des femmes et des hommes qui, ne se référant pas à une transcendance, défendent la liberté, la tolérance et la raison » et « porteur d’un message très clair sur la laïcité philosophique fondée sur le libre examen et les valeurs laïques délivrées de références au surnaturel, au divin et à la transcendance ».

 

Pour l’observateur extérieur cette vocation très respectable en soi est néanmoins aussi « dogmatique » que les croyances de ceux qui pensent différemment. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la position du CAL dans le débat sur le conflit israélo-palestinien qui défend « une solution négociée en vue d’une paix juste et durable entre deux Etats démocratiques et laïcs » et qui est au cœur du débat dans le choix du nouveau Président me semble tout à fait déplacé

 

Quelle autorité morale le CAL espère-il exercer sur une majorité de citoyens tant musulmans que juifs modérés et pratiquants en parlant au nom d’une philosophie qui rejette toute idée de transcendance intimement imbriquée dans la culture des protagonistes. L’intervention du CAL dans ce débat peut être au mieux qualifiée de « tentative de récupération » tant l’objectif incontesté d’une paix juste et négociée est un lieu commun.

 

Que ce soit très clair : je me considère comme laïc et libre exaministe et réclame en leur nom la liberté de croire à une transcendance plurielle plutôt qu’à la transcendance définie comme la suprématie exclusive de la « raison ». Je soutiens donc la candidature de Chéref-Khan, car, qu’il soit « Musulman, éclairé et subtil » (article d’Ali Daddy et Marc Guiot) ou « de culture musulmane » (article de Danblon et Cie.) j’ai l’impression qu’il partage mon point de vue que la laïcité n’est pas une valeur qui rivalise avec d’autres philosophies ou religions. Si j’ai bien compris sa démarche, il cherche précisément à concilier l’islam avec les valeurs de la laïcité comme d’autres (dont je suis) pensent qu’il n’y pas de contradiction entre laïcité et chrétienté. Compris ainsi, Chéref-Khan et le CAL pourraient, en effet jouer un rôle constructif dans le dialogue israélo-palestinien.

 

La laïcité doit être une démarche de tolérance qui garantit la possibilité pour chacun d’exprimer librement ses opinions (athées ou religieuses) dans le respect de l’autre. A ce titre je souscris totalement aux vertus de la séparation de l’Etat et des cultes, mais aussi à l’obligation pour l’Etat de veiller, dans le cadre des lois, à l’exercice libre des domaines relevant de la sphère privée.  Cette démarche est partagée par de nombreux croyants et le CAL aurait tort de rejeter leur soutien au nom d’un dogmatisme tout aussi étroit que celui qu’il dénonce.

 

Je salue, en passant, l’engagement de Pierre Galand de ne pas solliciter le renouvellement de ses mandats politiques. Vu la controverse, est-il aussi prêt à renoncer à son mandat de Président de l’Association belgo-palestinienne ?

 

Dans nos sociétés occidentales les organisations tels que le CAL peuvent apporter une contribution très constructive à l’amélioration des relations intercommunautaires et à l’édification d’une Europe réellement démocratique et plurielle. Bon vent au prochain Président.

 

Paul N. Goldschmidt

Le 21/03/06

 

 

 

 

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