La gestion calamiteuse des négociations par Boris Johnson ouvre la voie pour la création d’une

« République d’Irlande, d’Irlande du Nord et de l’Ecosse »

Y-a-t-il de la lumière au bout du tunnel ? La déclaration du gouvernement britannique qu’il s’apprêtait à violer délibérément le droit international « de manière spécifique et limitée » ouvre la porte au déchaînement de toutes les revendications nationalistes contradictoires qui déchirent le tissu existentiel du Royaume-Uni.

Les provocations répétées du Premier Ministre ont galvanisé la détermination des séparatistes, les poussant à ignorer les sérieux problèmes économiques qui résulteraient de la dissolution de la Grande-Bretagne. A cause de leur frontière commune et le partage de leur monnaie, l’indépendance de l’Ecosse la rendrait encore plus dépendante de l’Angleterre que le Royaume-Uni ne le sera de l’Union Européenne, quel que soit le résultat des négociations très fortement compromises en cours. Mais l’échec de parvenir à un accord de libre-échange mutuellement avantageux entre l’UE et le R.-U. met en cause également les intérêts fondamentaux de la République d’Irlande, tant en ce qui concerne ses échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne que les risques pour la paix, au cas où une rupture unilatérale de l’accord de  retrait de l’Union déboucherait sur le rétablissement d’une frontière opérationnelle sur l’île.

Une façon élégante de contourner l’obstacle serait la création d’une République gaélique réunissant la République d’Irlande, l’Ulster et l’Ecosse. Si elle recevait l’assentiment des populations, l’Ecosse et l’Ulster (qui ont voté contre le Brexit) bénéficieraient immédiatement du statut de Pays Membre de l’UE au même titre que la RDA lors de sa réunification avec la RFA. Parallèlement, un taux de conversion entre la £ et l’€ – proche du taux de marché – serait négocié, applicable à l’ensemble des contrats et dépôts bancaires, le numéraire continuant à s’échanger en continu au taux du marché pour éviter la spéculation.

Il serait nécessaire de déterminer au préalable si la nouvelle entité adopterait une structure « fédérale » ou « confédérale » :

            Un modèle « fédéral » impliquerait la formation d’un « gouvernement » et d’« institutions » où les populations des trois entités seraient représentées et qui seraient les dépositaires de la nouvelle « souveraineté nationale » (un modèle du haut vers le bas). Il faudrait crée un gouvernement de l’entité irlandaise pour devenir dépositaire des pouvoirs dévolus aux entités fédérées. Il serait impératif de ne pas répliquer le modèle de la Chambre des Communes où s’exercent en même temps les pouvoirs partagés par les membres de l’Union et ceux dévolus à l’Angleterre.

            Le modèle « confédéral » préserverait les structures de gouvernance existantes. Un accord serait négocié entre elles pour la mise en commun de certaines compétences au sein d’institutions partagées qui devrait englober nécessairement les domaines qui concernent les relations entre les entités elles-mêmes et entre celles-ci et le monde extérieur, en ce compris sa représentation auprès de l’UE et de l’Eurozone (un modèle de bas en haut).

Le modèle confédéral est mieux à même de préserver les caractéristiques « nationales » de chaque entité, qu’elles soient religieuses, linguistiques, folkloriques, etc. Le modèle fédéral, par contre, est plus aisément compréhensible par des tiers dans la mesure où elle débouche sur une moindre diversification des procédures et une simplification des relations.

Conclusions :

Les gesticulations chauvinistes de Boris Johnson ont peut-être finalement ouvert une voie pour sortir du chaos crée par le Brexit et permettre une solution conforme aux vœux exprimés lors du Referendum par les majorités populaires dans chacune des entités qui constituent le Royaume-Uni.

L’Angleterre sera alors en mesure de récupérer tous les attributs de sa souveraineté et de se lancer sur la route d’un pays ouvert sur le monde qu’elle ambitionne. Je ne peux que lui souhaiter bon vent et une réussite à hauteur de ses espérances.