En pleine crise planétaire le citoyen européen est abandonné.

Face à la pandémie et à l’effondrement économique prévisible, la visio-conférence du Conseil Européen a démontré l’incapacité de ses participants à être à la hauteur de leurs responsabilités.

La situation exceptionnelle demandait une réponse unanime catapultant l’Union Européenne au rang des grandes puissances qui, avec les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon…,  seront appelées à coopérer plus que jamais pour faire face aux défis inédits qui se profilent.

Se raccrocher aux idéologies et au mythe de la « souveraineté nationale » est inacceptable. C’est ensemble que les 27 limiteront les sacrifices de leurs populations qui seront d’autant plus pénibles que ce sont nos « démocraties » occidentales qui ont le plus à perdre. Cela laisse présager d’un bouleversement des rapports sociaux internes et des rapports de forces internationales.

En juin1940, alors que l’armistice se profilait, Churchill fit la proposition hardie (mais rejetée) de former instantanément une « union politique » entre la Grande-Bretagne et la France pour poursuivre ensemble le combat.  Nous sommes face à un défi de même ampleur avec les grands avantages qu’il n’y a pas de menace militaire et d’avoir une ébauche avancée d’une Union Européenne – vieille de 70ans – sur laquelle échafauder une réponse collective (en y incluant de préférence la Grande-Bretagne et ouverte aux autres pays du continent).

Le plan devrait être mis en œuvre sans attendre la mise en œuvre des processus législatifs et constitutionnels (l’intendance suivra !) et comporter les éléments suivants :

  1. Doter le budget de la Communauté Européenne d’une capacité d’emprunt initiale de € 1 trillion (minimum) et de « ressources propres » supplémentaires. Le budget assumerait le support financier des Pays-Membres qui, en contrepartie, respecteraient les règles budgétaires existantes.
  2. Adoption immédiate des perspectives financières 2021-27 au niveau de 1.3% proposé par le Parlement Européen. Les appels de fonds aux Pays Membres seraient différés, mobilisant prioritairement la capacité d’emprunt cité sous 1.
  3. Faire de la Commission un Gouvernement « fédéral » responsable devant le PE et le Conseil.
  4. Rationaliser la coordination entre la Commission et la BCE pour assurer la survie de l’€.

Un accord politique et une déclaration en ce sens devrait être la priorité absolue des autorités européennes et nationales et intervenir dans les jours qui suivent.

Faute d’initiatives de cette ampleur, les autorités devront assumer la responsabilité d’avoir ajouté à la crise économique et financière, celle du démantèlement de l’Union Européenne. Cela risque de remettre en cause les « droits de l’homme » dont l’exercice nous semble erronément aller de soi !

Bruxelles, le 27 mars 2020